Formation de la lagune et pêche / conchyliculture

Comment la lagune de Thau s’est formée ?

Explications de la formation de la lagune

Pour pouvoir comprendre/ interpréter le paysage il est important d’évoquer comment s’est formé le paysage en abordant l’histoire de la formation géologique du golf du lion.
Tout commence pendant l’ère tertiaire entre la fin du Crétacé (65,5 millions d’années) et le début du Quaternaire (2,6 millions d’années) pendant laquelle plusieurs massif rocheux ont vu le jour.
Il y a la chaîne des volcans d’Auvergne qui s’est formé, s’étendant jusqu’au mont st Loup (Agde), mais aussi d’autres massifs, tels que le massif de la Gardiole et le Mont st Clair (Sète).
En ce qui concerne la naissance du golf du Lion, il est le résultat d’une extension de la croûte terrestre.
Ce plateau continental n’est donc pas géologiquement un domaine océanique au sens propre

iL y a plus de 10 000 ans nous étions dans une période glaciaire appelée le Pléistocène.
Le plateau continental du golf du lion se trouvait alors à découvert de la mer.
On peut noté que pendant cette période un réseau fluvial intérieur est important, creusant des vallées sur ce plateau continental et contribuant à un apport sédimentaire sur celui-ci.

Nous sommes il y a environ 2000 ans soit pendant l’Holocène, une période qui n’est plus glaciaire mais au contraire plus chaude avec une hausse globale de la température terrestre.
Ceci a pour effet de provoquer une fonte des glaces augmentant le niveau de la mer qui va au fur et à mesure venir prendre place sur ce plateau continental. Au cours du temps, les allers-retours de la Méditerranée va provoquer des accumulation de sédiments entre et autour des reliefs énoncés précédemment.
Rappelez vous la première image avec le Rhône ! Avec son flux important il a déposé pendant des milliers d’années des sédiments sur ce plateau continental
! Ces même sédiments, charriés par les mouvement de la mer vont contribuer au comblement des vallées et à la formation de nouveaux reliefs.
Ce phénomène s’appelle la sédimentation !

Au XVIIème siècle les va-et-vient de la mer méditerranée va contribuer avecl’aide des vents et de la houle à augmenter le banc de sable se formant autour des reliefs tels que le Mont St clair, Mont saint loup pour y former ce que l’on appellera un Lido qui fermera partiellement la lagune de Thau.
Autre phénomène important et propre à ce territoire, c’est la dérive littorale.
Provoquée par le trait de côte du golf en arc de l’Est en Ouest va permettre au courant Liguro Provençal de ramené en grande quantité des sédiments amenés par le Rhône sur ce plateau continental et de les déposer le long de la côte .
D’autre part on pourra aussi noter le comblement de certaines parties du littoral, notamment vers Narbonne, Béziers ou encore vers Aigues-Mortes.



En résumé :
La lagune de Thau se situe dans le golf du Lion, fait 20 km de long et 8 km de large.
Sa profondeur moyenne est de 4m et a une profondeur maximum de 28m au gouffre de la Vise près de Balaruc-les-Bains.
Il s’agit d’un karst du pli Ouest qui crée une résurgence d’eau thermale dans la lagune. L’alimentation en eau douce se fait par le karst du pli Ouest, l’eau de pluie et par ruissellement via un réseau multiple de cours d’eau (voir schéma).
L’hiver les précipitations sont importante et remplissent la lagune d’eau douce et en fait chuté sa salinité à 32g/l. La lagune est donc à ce moment là moins salée que la mer.
En moyenne sur l’année la lagune est aussi salée que la mer voir pendant la période estivale elle peut avoir une concentration en sel supérieure à 35g/L.
La lagune est composée de plusieurs ouvertures : le grau de Pisse-Saumes (Marseillan- Plage), le canal des Quilles (Sète),
les canaux de Sète, le canal du Rhône (Sète) et le canal du Midi (Marseillan village).


Il était une fois l’Histoire de la lagune de Thau !


La lagune de Thau est riche en vestiges romains !

D’après des fouilles réalisées nous avons pu avoir connaissance que les romains utilisaient déja la source chaude du karst puisqu’ils y avaient construit des termes pour prendre soins des garnisons de soldats !
La douce vie méditérrannéenne de l’époque ne s’arrète pas là puisque nous avons pu retrouver bons nombre de coquilles d’huitres plâtes !
L’apéro huître était déjà dans l’histoire bien avant nous.
Ceci nous permet de savoir que déja à l’époque les romains élevaient les huîtres pour
leur consommation.
Ainsi on peut faire remonter l’histoire de la pêche à l’époque Gallo-Romaine (+ 100 à +300 ans) au cours de laquelle les hommes ont accumulé différentes techniques de pêche qui vont continuer à se développer jusqu’aujourd’hui.
Les bases de la pêche et de la conchyliculture auraient ainsi commencé avec les Romains qui maîtrisaient les techniques de pêche ( au filet droit, à la nasse, à la ligne, au harpon…),la fabrication des viviers, l’exploitation des centres ostréicoles et la salaison du poisson envoyé dans tout l’empire.


C’est seulement à la fin du XIXème siècle que l’élevage des huîtres et des moulent initié en Atlantique pour palier à l’épuisement de la pêche, fut introduit dans la Lagune de Thau.
Les premières tentatives furent laborieuses et les échecs nombreux. En l’absence de marée il fallait tout réinventer.
Les premiers producteurs s’installèrent dans les canaux de Sète en 1875, plaçant des huitre plates dans des boites en bois flottante. En l’absence de réseau d’assainissement
ses eaux étaient polluées et les boites furent rapidement baptisées les “cercueils”. La mairie expulsa ses pionniers et ils s’installèrent devant Bouzigues.


Au milieu du 19ème siècle – début 20ème les techniques modernes de la conchyliculture sont introduites dans l’étang de Thau.
La première technique éficace fut inventée par le maçon Louis Tudesq, en 1925.
Sa technique consiste à coller les huîtres sur pyramides de béton immergés dans la lagune.
La technique fut amélioré par M. Bénézech qui eu l’idée de remplacer les barres de béton par des barres en palétuviers, un bois imputrescible et bien plus léger que le béton, bien qu’il soit plus dense que l’eau.
Quelques années plus tard les pyramides furent remplacées par un support implanté dans l’eau, sorte d’échafaudage, les
fameuses tables étaient nées.
Au fil du temps, les conflits entre pêcheurs et conchyliculteurs prennent de l’empleur et donnent lieux à des mouvement sociaux en 1966.
Des négociations sont lancées pour répondre à une volonté d’organisation et de valorisation.
A la suite de ces conversations un remembrement des tables et des concessions est mis en application.
L’objectif était de rationaliser la forme et la dimension des tables, jusqu’à là au bon vouloir des concessionnaires, permettant une meilleure circulation de l’eau et des embarcations.
En 1969 création de la coopérative des 5 ports est créée.
Les différents type de pêche de la lagune et du golf du lion


Dans la Lagune et dans le golf du Lion ,les activités de pêche sont diverses et très présentes.
Comme énoncé précédemment, le golf du lion est situé sur un plateau continental immergé par la mer méditerranée.
Les fonds sont majoritairement sableux et de profondeur peu conséquente.
Cette morphologie profite aux chalutiers et autres techniques de pêche qu’ils peuvent exercer sans altérer les fonds et menacer les habitats
qui pourraient se trouver en profondeur (ex:coraux)



Les filets de la lagune

Le La paradière constitue un obstacle pour le poisson qui nage jusque dans le tour où il se trouve emprisonné dans l’un des verveux.
La capechade occupe toute la tranche d’eau.
Ce sont essentiellement des anguilles qui sont capturées dans les capechades, également quelques joëls, clavières, crabes verts, crevettes, gobies, soles, dorades, etc..
Cette pêche se pratique généralement du mois de mars au mois de novembre.


Au cours de sa vie, l’anguille d’Europe connait 5 étapes de transformation.
A chacune de ces étapes, ses couleurs évoluent
Tout commence au large de la Floride, dans la mer des Sargasses.
C’est dans cette zone de l’océan Atlantique, à des profondeurs pouvant aller jusqu’à 700 mètres, que naissent toutes les anguilles d’Europe.
Le commencement d’une longue vie pour certaines (les larves), et la fin d’une vie pour d’autres (les adultes).
Les nouveau-nés se laissent porter par le courant du Gulf Stream jusqu’à leur habitat naturel : l’Europe.
Cette migration vers les eaux européennes dure presque un an.
Pendant ce temps, les « leptocéphales » (larves transparentes), vont se transformer en « civelles » puis en « anguillettes ».
A ce stade de l’évolution, un long processus se met en marche.
Le poisson va arpenter toutes les rivières d’eau douce d’Europe.
Son aire de répartition est très vaste.
Cette période dure en moyenne jusqu’à 18 ans.
A cet âge, l’espèce se transformera en « anguilles jaunes ».
Cette métamorphose a lieu lors de ce qu’on appelle la dévalaison, notamment dans le cadre de la reproduction.
Enfin, notre poisson arrive à l’âge adulte et porte le nom d’« anguilles argentées ».
L’animal est alors prêt à rejoindre la mer des Sargasses, à plusieurs milliers de kilomètres de là, pour se reproduire.
C’est au cours de ce long voyage que l’anguille va atteindre sa maturité sexuelle.
Ce cycle naturel est assez exceptionnel. Il se répète d’année en année et fait partie du charme de cet animal.

Les espèces pêchées :
La plupart du temps on utilise des casiers pour pêcher des crustacés, mollusques gastéropodes (buccins) et céphalopodes (poulpes). Mais il existe aussi des nasses à poissons, généralement de plus grande taille.
Les avantages :
Les casiers sont sélectifs. En effet les animaux capturés d’une taille inférieure à la taille légale peuvent être rejetés à l’eau vivants.
Respectueux des habitats, ils ne créent pas de dommage sur les fonds marins.
Les produits ramenés à bord sont d’excellente qualité puisque les animaux restent vivants dans les casiers.
L’élevage des huîtres de Thau


Après ce temps d’élevage, toutes ces huîtres sont « détroquées » (séparées), calibrées et mises en poches.
Elles sont ensuite retrempées pour une période minimale d’une dizaine de jour, en attendant d’être commercialisées.
Cette période de retrempage va leur permettre de cicatriser d’éventuel ébrèchement de leur coquille.


